Boeing 737 "Helios Airways"

 
 

 La pressurisation en panne, le froid et la mort lente

 
 

Dix minutes après le décollage de Larnaka dans l'île de Chypre et à destination d'Athènes, l'équipage signale un problème de climatisation à bord du Boeing 737. Un heure plus tard, il est 9h37, l'avion pénètre dans l'espace aérien grec mais aucun contact radio ne peut être établi depuis le contrôle au sol qui comprend très vite qu'il y a un problème à bord. Deux chasseurs F16 décollent et viennent encadrer le Boeing. Il est 11 h 20. Les pilotes de chasse distinguent le copilote affalé sur son siège et le siège du CdB inoccupé. Dans la cabine sans vie, les masques à oxygène pendent sous les coffres à bagages. Seul mouvement visible, deux personnes qui semblent intervenir dans le poste de pilotage. L'avion quitte un moment son cap initial et quelques instants plus tard plonge vers le sol, probablement par épuisement de son carburant. Il s'écrase, faisant 121 morts dont 115 passagers. Parmi eux, de nombreux enfants. Il n'y a malheureusement aucun survivant.

Plusieurs questions viennent immédiatement à l'esprit: Comment se fait-il que l'équipage n'ait pas entamé de descente d'urgence s'il a constaté un problème de climatisation ou un défaut d'aération, comme semble l'indiquer les masques à oxygène sortis dans la cabine passagers ? Qu'est-ce qui a mis les pilotes dans l'impossibilité de réagir rapidement ? Enfin, toutes les personnes à bord étaient-elles évanouies ou déjà asphyxiées au moment du choc, certaines autopsies font état de corps congelés ?

Un très mauvais plaisantin a voulu faire croire qu'il avait reçu un SMS d'un passager avant le crash: "Nous avons froid, le pilote est bleu. Nous allons mourir. Adieu". Rien de tel n'a  jamais existé. Mais comment font certains pour s'amuser avec le morbide dans une telle situation ?

L'enquête

Le CVR a été retrouvé vendredi 19 dans la journée. Le soir même, il était à Paris et dans la nuit, le BEA l'avait lu. La partie blindée s'était désolidarisée du reste du boîtier sous la violence de l'impact, mais les données ont pu être exploitées et transmise à l'enquêteur grec qui accompagnait l'enregistreur. Comme quoi ...!

Le 21 août, une semaine après l'accident,  les boîtes noires commencent à parler. Ainsi, d'après une agence de presse de Macédoine, "le Boeing-737 s'est écrasé consécutivement à une dépressurisation progressive de la cabine associée à une défaillance du circuit électrique de l'avion, elle-même provoquée par une ventilation insuffisante. Manquant d'oxygène, les pilotes ont perdu connaissance et l'avion est devenu incontrôlable. On pense que certains membres de l'équipage avaient réussi à utiliser les bouteilles d'oxygène qui se trouvaient dans la cabine des passagers pour tenter de reprendre le contrôle de l'avion.". Ces éléments confirment le fait que la plupart des passagers étaient vivants, mais probablement évanouis, au moment du choc.

Le 2 septembre 2005, la commission administrative rogatoire ordonnée par le directeur du Service de l'Aviation civile grecque (YPA),a rendu jeudi 1er septembre ses conclusions et a ainsi décidé qu'étaient engagées les responsabilités de deux contrôleurs aériens qui, au moment de l'entrée de l'avion dans l'espace aérien d'Athènes, n'ont pas procédé immédiatement à une reconnaissance vocale, conformément aux règles de la circulation aérienne, mais se sont contentés d'une identification optique et machinale.

La commission a aussi décelé une panne dans le système d'alarme sonore de l'appareil.  D'après les éléments recueillis le système d'alarme du Boeing lançait le même signal sonore pour des incidents techniques différents ce qui aurait conduit les pilotes à confondre la raison de son déclenchement.

 
 

Le Boeing 737 accidenté immatriculé 5B-DBY

          

La compagnie Helios Airways, un air de vacances pour les touristes du soleil

    

Le tracé du vol Larnaka - Athènes.                                             La violence de l'impact est visible sur cette photo

    

La végétation très sèche s'est de suite enflammée à l'impact de l'avion. Les sauveteurs ont du d'abord éteindre les incendies avant de pouvoir accéder sur les lieux de l'accident. "Canadair" et hélicoptères sont intervenus aux côtés des camions de pompiers.

    

Seule la queue de l'avion semble être restée intacte.

    

    

Le lendemain de l'accident, un équipage a refusé de monter à bord d'un avion de la compagnie aussitôt imité par les passagers en partance. La psychose envers les "charters" prend aussitôt une dimension internationale.